La police indienne a arrêté cinq hommes accusés d’avoir organisé un sacrifice humain. L’arrestation fait suite à la découverte du corps décapité d’une femme dans un temple hindou en 2019.
Shanti Shaw, 64 ans, a été tuée et décapitée à la machette en juin 2019. Le meurtre a eu lieu lors de sa visite au temple Kamakhya à Guwahati, une ville du nord-est de l’Inde. Les policiers sont restés perplexes pendant près de quatre ans.
« Les cinq ont planifié le meurtre de la femme », a déclaré mardi dernier le commissaire de police de Guwahati, Diganta Barah. « Au total, 12 personnes ont participé. »
L’enquête avait piétiné jusqu’en janvier. C’est à ce moment que le corps de Shaw a finalement été identifié. Cette identification a relancé l’investigation. Une équipe spéciale de la police d’Assam a réussi à identifier les tueurs présumés. Les enquêteurs ont utilisé des données techniques qui les reliaient à la victime.
Le principal suspect, Pradeep Pathak, 52 ans, aurait orchestré le meurtre dans le cadre d’un rite religieux. Il voulait marquer l’anniversaire de la mort de son frère.
« Durant l’enquête, nous avons découvert qu’il s’agissait d’un cas de sacrifice humain pour plaire à Maa Kamakhya », a expliqué Barah. Maa Kamakhya est une déesse hindoue.
La foi déplace les montagnes
Le frère de Pathak est mort il y a 11 ans. Pathak voulait soi-disant effectuer un rituel hindou à la date de sa mort. Il agissait en mémoire de son frère, selon le chef de la police.
« Les accusés croyaient apparemment que le sacrifice apaiserait l’âme du défunt », a ajouté Barah.
Pathak et quatre autres suspects âgés de 50 à 62 ans ont été arrêtés le mois dernier. Les arrestations ont eu lieu dans deux États indiens entre le 25 mars et le 1er avril.
La police recherche toujours sept de leurs complices, a précisé Barah.
Shaw s’était rendue au temple avec un « godman » hindou et deux autres femmes. Elles venaient d’un autre État pour assister à une foire annuelle. Son corps décapité a été découvert en juin 2019. Il n’a été identifié qu’un mois plus tard par son fils.
Cette conviction religieuse extrême illustre tragiquement comment la foi peut pousser à des actes criminels. Les accusés étaient persuadés de la nécessité de leur geste.
Les vieilles habitudes ont la vie dure
Ce cas n’est pas isolé. Les sacrifices humains ne sont pas inconnus en Inde. Les données officielles révèlent une réalité troublante. Plus de 100 cas ont été rapportés entre 2014 et 2021, selon le National Crime Records Bureau de l’Inde.
Les meurtres rituels sont généralement commis pour apaiser les divinités. Ces pratiques sont plus courantes dans les zones tribales et reculées. La croyance en la sorcellerie et l’occultisme y est répandue.
L’année dernière, deux hommes ont été arrêtés à New Delhi pour avoir tué un garçon de six ans. Les coupables, tous deux ouvriers de la construction, ont dit à la police qu’ils avaient assassiné l’enfant. Ils l’avaient offert au dieu hindou Shiva pour devenir riches.
Chassez le naturel, il revient au galop. Malgré des décennies de modernisation, ces croyances ancestrales resurgissent de manière dramatique. L’Inde semble avoir un pied dans le passé et un pied dans l’avenir.
Plus ça change, plus c’est pareil
Ces crimes ne se limitent pas aux zones rurales isolées. Le cas de New Delhi montre que ces pratiques atteignent aussi la capitale nationale. Les victimes peuvent être de tous âges. Les motifs varient de la recherche de richesse à la commémoration des morts.
Les autorités peinent à évaluer l’ampleur réelle du phénomène. Il reste difficile de déterminer si les chiffres reflètent une augmentation des cas ou simplement un meilleur signalement. L’amélioration des enquêtes pourrait aussi expliquer la hausse des données.
Le temple Kamakhya où Shaw a été tuée est l’un des sites hindous les plus vénérés de l’Inde. Des milliers de dévots s’y rendent chaque année. Le contraste entre la dévotion religieuse légitime et ces actes extrêmes illustre la complexité du phénomène.
Entre tradition et modernité, l’Inde navigue à vue. Les enquêteurs continuent de travailler pour comprendre les réseaux impliqués dans ces crimes. L’utilisation de données techniques modernes pour résoudre des crimes rituels anciens symbolise les défis auxquels fait face l’Inde contemporaine.