Dans le secteur des miracles, la main-d’œuvre se gère. Huit pasteurs de l’État d’Anambra, dans le sud-est du Nigeria, ont été déférés le 5 juin 2026 devant la High Court d’Awka (capitale de l’État d’Anambra). Ils auraient recruté et rémunéré des acteurs pour jouer les rôles de malades, d’aveugles et de paralytiques. Ces derniers étaient ensuite « guéris » lors de cérémonies religieuses filmées. Des fidèles témoins versaient des dons.
L’enquête a produit une preuve rare : les dépositions vidéo des acteurs recrutés, qui auraient reconnu leur rôle dans les mises en scène. Les prévenus ont eux-mêmes formulé des aveux enregistrés. Ces enregistrements constituent les pièces à conviction centrales du dossier. C’est le procureur général de l’État, Tobechukwu Nweke (SAN, grade d’avocat supérieur), qui dirige personnellement les poursuites.
Les arrestations ont été conduites par l’Agunechemba, une force de sécurité créée par l’Anambra State Homeland Security Law de 2025.
LES HUIT PRÉVENUS
Les pasteurs inculpés sont : Ndubisi Nnachukwu, de l’Omega Dominion Ministry ; Ekeleme Ugochukwu, du Cloud of Glory Prophetic Ministry ; Bishop Emeka Nwamkpa, du Chapel of Faith Ministry ; Peter Chukwu, du Messiah Adoration Ministry ; Chinedu Egwuonwu, du Citadel of Grace Ministry ; Ebele Nnachukwu, du Jehovah the Mighty Than All Ministry ; Miracle Iruoma, du City of Power Ministry ; et Chukwukadibia Ogwuama, du Land of Testimony Adoration Ministry.
Ils sont poursuivis en vertu des articles 18(3) et 19(1) de l’Anambra State Homeland Security Law de 2025. Ces dispositions criminalisent l’usage de faux pouvoirs surnaturels et l’utilisation d’un lieu de culte à des fins criminelles. Une accusation d’escroquerie s’y ajoute, en vertu de l’article 3(1) de l’Advance Fee Fraud and Other Fraud-Related Offences Act LFN 2006. La prochaine audience est fixée au 15 juin 2026.
LES MIRACLES ARRANGÉS
L’expression arrangee miracles est documentée de longue date dans les milieux pentecôtistes nigérians. Elle désigne le recrutement d’agents — souvent des personnes en situation précaire — pour simuler une maladie, une cécité ou un handicap moteur. Le pasteur les « guérit » ensuite en public. Les dons affluent.
L’exécution est méthodique. Des rôles sont définis. Des personnes sont recrutées pour les tenir. Les séquences de guérison sont filmées et diffusées sur les réseaux sociaux, où elles servent à recruter de nouveaux fidèles et à attirer des dons supplémentaires.
LA LOI DE SOLUDO
Le gouverneur d’Anambra, l’économiste Chukwuma Charles Soludo, a signé la loi sur la sécurité intérieure en janvier 2025. Elle est entrée en vigueur en février. La loi a créé l’Agunechemba, chargé notamment de réprimer les abus commis au nom de la religion.
C’est la première fois dans l’histoire du Nigeria qu’un gouverneur d’État fait arrêter et inculper simultanément huit pasteurs pour des pratiques frauduleuses à caractère religieux. Soludo a régulièrement décrit les réseaux religieux frauduleux comme un problème de sécurité publique depuis son élection en 2021. En janvier 2025, un sorcier traditionnel, Chukwudozie Nwangwu, avait déjà été condamné à 12 ans d’emprisonnement pour la fabrication de talismans destinés à des criminels.
Source : Punch Nigeria, 5 juin 2026.

[…] s’inscrit dans un phénomène récurrent. En mars 2025, le tribunal correctionnel de Dixinn a condamné un dénommé Boubacar Barry, […]
[…] ont été accusés d’avoir monétisé la confiance de leurs fidèles, comme au Nigeria, où huit pasteurs ont été inculpés pour avoir sous-traité leurs miracles à des acteurs […]