Le 25 février 2026, un tribunal pour mineurs d’Ismaïlia, en Égypte, a condamné un adolescent de 13 ans à 15 ans dans un centre de détention pour jeunes. L’affaire avait éclaté à l’automne 2025 et laissé l’Égypte sous le choc. Les médias égyptiens l’avaient surnommé « l’enfant à la tronçonneuse ». Pour comprendre la sentence, il faut remonter quatre mois en arrière.
LE CORPS PRÈS DU CARREFOUR
Le 12 octobre 2025, les services de sécurité d’Ismaïlia reçoivent un signalement. Des restes humains ont été découverts près d’un grand centre commercial de la ville. Des morceaux de corps d’un enfant — éparpillés en plusieurs endroits. Les autorités établissent un périmètre de sécurité et saisissent le parquet.
Les enquêteurs du commissariat d’Ismaïlia remontent rapidement la piste. La victime est Mohammed A.M., un enfant, camarade de classe du suspect. Son voisin de banc, Youssef A., 13 ans, est arrêté en quelques jours. Ce qu’il a déclaré au parquet dépasse l’entendement.
CE QUI S’EST PASSÉ DANS CET APPARTEMENT
Selon les aveux obtenus par le parquet et corroborés par la reconstitution du crime, Youssef A. a attiré Mohammed chez lui le 12 octobre 2025, dans le quartier de la Nouvelle-Gare, dans le premier arrondissement d’Ismaïlia. Ses parents étaient absents. Il a frappé Mohammed à la tête avec une batte en bois à plusieurs reprises. Mohammed est mort.
Youssef A. s’est emparé de la scie électrique de son père. Il a découpé le corps. Il a ensuite transporté les restes dans plusieurs secteurs de la ville pour les dissimuler près du centre commercial, selon le rapport initial d’Al Arabiya du 16 octobre 2025.
Les enquêteurs l’ont ensuite conduit sur les lieux. Youssef A. a guidé les autorités jusqu’à son domicile, théâtre du meurtre, puis jusqu’à chacun des endroits où il avait caché les restes de son camarade.
« J’AI CUISINÉ UNE PARTIE DU CORPS ET JE L’AI MANGÉE »
L’interrogatoire de Youssef A. a glacé les enquêteurs. Mohammed Hussein Al-Jablawy, avocat de la famille de la victime, a déclaré à Al Arabiya le 20 octobre 2025 que le garçon avait témoigné « avec une stabilité émotionnelle inhabituelle pour un enfant de son âge, comme s’il prenait plaisir à raconter les détails de ce qu’il avait fait, calmement et avec un sang-froid total ».
Dans ses aveux, Youssef A. a admis avoir prélevé une partie du mollet de Mohammed, l’avoir cuisinée, puis en avoir consommé un morceau. Il a déclaré s’être inspiré d’une scène d’un film d’horreur étranger. Il a aussi mentionné avoir vu la technique dans un jeu vidéo en ligne. Il a changé sa version à plusieurs reprises au cours de l’interrogatoire.
Al-Jablawy a réclamé une réforme législative. « Le droit actuel ne prévoit pas de sanctions suffisantes pour les enfants auteurs de crimes d’une telle brutalité », a-t-il déclaré lors de son entretien avec Al Arabiya le 20 octobre 2025. Il a demandé une révision urgente des textes de loi pour assurer la dissuasion et la justice pour les familles des victimes.
LE PROCÈS
La médecine légale a procédé à l’autopsie de Mohammed A.M. pour établir la cause, la date et les circonstances du décès. Des tests ADN ont été effectués. Les outils du démembrement ont été analysés.
La défense a demandé une expertise psychiatrique, en raison de la brutalité du crime. L’évaluation, conduite par le Conseil régional de santé mentale, a conclu que Youssef A. était sain d’esprit et pleinement responsable de ses actes au moment des faits. La défense a aussi contesté la composition du tribunal lors d’une audience précédente.
Le 25 février 2026, le verdict est tombé : 15 ans dans un centre de détention pour jeunes, selon Gulf News. Le dossier « de l’enfant à la tronçonneuse » est clos, du moins sur le plan judiciaire.
EN BREF
Ismaïlia est une ville de la région du canal de Suez, à mi-chemin entre Le Caire et Port-Saïd. En droit égyptien, les peines prononcées par les tribunaux pour mineurs sont plafonnées et purgées dans des établissements distincts du système carcéral adulte. L’affaire a alimenté un débat national en Égypte sur l’exposition des enfants à la violence dans les jeux vidéo et les films d’horreur.
