En Indonésie, le sate ayam est une évidence. Brochettes de poulet grillé, sauce aux arachides, vendeurs ambulants présents dans chaque sous-district de Java. Commandez depuis une application, le repas arrive à votre porte en quelques minutes. C’est exactement ce que PW, 40 ans, a fait le 18 mai 2026.
Il avait d’abord mélangé du poison de rat dans les brochettes.
LIVRAISON FATALE
PW est domicilié à Boyolali, province de Java central. Sa belle-mère, Aminah, 57 ans, vivait seule dans le village de Sindon, sous-district de Ngemplak. PW a acheté du sate ayam. Il a incorporé du poison de rat dans les brochettes. Il a créé un faux compte sur une application ojek online. Pour le nom et la photo du compte, il a choisi Luriyanti Putri — la propre fille d’Aminah, sa belle-sœur à lui.
La commande est arrivée à la porte d’Aminah. Elle a appelé sa fille pour lui demander si c’était bien elle qui avait envoyé les brochettes. Luriyanti lui a dit que non. Elle l’a priée de ne pas les manger.
Aminah a mangé.
TREIZE BÂTONNETS
Le lendemain matin, le 19 mai, la fille d’Aminah a découvert sa mère. La porte était verrouillée. Les lumières étaient allumées. Le corps d’Aminah gisait sur le sol, rigide, le visage bleuâtre, la bouche souillée de vomissures.
Treize bâtonnets de sate ont été retrouvés sur les lieux. Un poulet mort a été découvert à proximité — il avait mangé des restes des brochettes.
La famille a signalé une mort suspecte à la police de Boyolali (Polres Boyolali).
L’AUTOPSIE
Polres Boyolali, en collaboration avec les services médico-légaux de la police provinciale de Java central (Biddokkes Polda Jateng), a procédé à l’exhumation du corps le 30 mai pour une autopsie.
Les analyses ont confirmé la présence d’une substance toxique dans le corps d’Aminah, dans les restes de sate et dans la carcasse du poulet.
PW a avoué. Il a déclaré avoir agi par rancœur : la victime ne lui accordait pas la reconnaissance qu’il estimait mériter.
« PW avait bel et bien planifié son acte », a déclaré le chef de la brigade criminelle de Polres Boyolali, l’inspecteur AKP Indrawan Wira Saputra, lors de la conférence de presse du 8 juin 2026 à Mapolres Boyolali.
Le commandant de Polres Boyolali, le lieutenant-colonel AKBP Indra Maulana Saputra, a précisé la méthode : « L’accusé a mélangé du poison de rat dans les brochettes de sate, puis a utilisé un faux compte pour les faire livrer au domicile de la défunte. »
PW est le seul auteur présumé. L’affaire a été rapportée par detikJateng.
HUKUMAN MATI
PW est poursuivi en vertu des articles 458 et 459 de la loi n° 1 de 2025 sur le Code pénal indonésien (KUHP). « Les dispositions pénales applicables prévoient la peine de mort, la réclusion à perpétuité ou une peine d’emprisonnement maximale de vingt ans », a déclaré Indra.
CONTEXTE
Le sate ayam est considéré comme le plat de rue le plus emblématique d’Indonésie. Chaque soir, des centaines de vendeurs ambulants allument leurs braises le long des routes javanaises. Les applications ojek online — Gojek et Grab en tête — ont transformé la livraison de repas à domicile dans l’archipel. L’Indonésie compte plus de 280 millions d’habitants et représente le plus grand marché de l’économie de plateforme en Asie du Sud-Est.
Boyolali est un district de Java central situé au nord-ouest du volcan Merapi. La région est connue pour ses pâturages et ses marchés agricoles. Elle l’est un peu moins pour ses livraisons à domicile empoisonnées.
