Le tribunal correctionnel de Silivri, en périphérie d’Istanbul, a placé Kubilay Akyol en détention provisoire le 28 juillet 2026. L’homme s’était fait passer pour un juge du ministère de la Justice pendant plusieurs années, au point que sa propre épouse, médecin, le croyait magistrat. Deux autres suspects ont été écroués avec lui pour constitution d’organisation criminelle et escroquerie aggravée, selon Sabah du 28 juillet 2026.
Les gendarmes d’Istanbul avaient perquisitionné son domicile le 23 juillet 2026, sous la coordination du parquet de Silivri. Ils y ont saisi une toge de magistrat, 285 grammes de lingots d’or, 6 990 euros et 8 080 dollars américains en liquide, ainsi que des reconnaissances de dette d’une valeur d’un million d’euros, selon Takvim du 23 juillet 2026.
Interrogé, Akyol a reconnu les faits. « Je me suis présenté comme juge sur les réseaux sociaux. J’ai construit toute ma vie sur un mensonge, j’aspirais à devenir magistrat », a-t-il déclaré, selon Sabah du 28 juillet 2026.
Akyol dirigeait, selon l’enquête, un groupe de cinq suspects, dont trois avocats. Le groupe aurait promis à des personnes aux prises avec des procédures judiciaires de « régler leurs affaires » en échange d’argent. Il aurait misé sur le statut de magistrat attribué à son chef pour gagner leur confiance. Deux inculpations distinctes ont été retenues : constitution d’organisation criminelle et escroquerie qualifiée, a précisé Takvim le 23 juillet 2026.
Le personnage de magistrat débordait sur la vie quotidienne d’Akyol. Dans son quartier, il se présentait comme « juge au ministère de la Justice » et réservait une place de stationnement devant son immeuble sous prétexte qu’une bombe pourrait être placée dans sa voiture. Des voisins avaient déposé une plainte auprès du service présidentiel CİMER il y a environ cinq ans, sans suite connue, selon Sabah.
Ce type de stratagème n’est pas isolé : en Colombie, un faux chirurgien sans formation avait pratiqué des lipoaspirations au laser jusqu’à la mort d’une patiente, avant son arrestation en mai 2026.
Deux des coaccusés contestent les faits. Asuman Bakaç, qui aurait fourni la toge, et l’avocat Halil İbrahim Alagöz affirment avoir eux-mêmes été trompés par Akyol.
Le jour de l’opération, des gendarmes en civil ont escorté Akyol hors de son immeuble. Des voisins, persuadés qu’un vrai magistrat se faisait enlever, ont appelé la police pour signaler un rapt, selon Takvim du 28 juillet 2026.
