Un réseau occulte fondé sur la soumission psychologique a été démantelé à Saint-Laurent-de-Cerdans (dans le sud de la France, à environ 150 km au nord de Barcelone), au sein des Pyrénées-Orientales. La justice cible le chef du groupe, Jelle B., un citoyen originaire des Pays-Bas âgé de 73 ans. Cet homme dirigeait une communauté fermée d’une trentaine de fidèles. Le dogme de la structure s’inspire de l’idéologie du mystique indien Osho. Les préceptes imposaient la méditation stricte et une liberté sexuelle absolue.
L’enquête dévoile des abus majeurs dans une propriété de 66 hectares. Les membres du groupe, tous de jeunes adultes hollandais, devaient rompre le contact avec leurs familles. Le chef séparait les couples d’une manière arbitraire. Les mineurs ne fréquentaient pas l’école locale du village. Leur éducation se déroulait en Espagne, à l’établissement Montessori de Figuères (à 25 km au sud de la frontière française).
Les adeptes fournissaient une main-d’œuvre gratuite pour faire fonctionner le domaine. Ceux-ci assuraient l’entretien du mas (ferme provençale) et l’accueil des touristes. La communauté exploitait un gîte d’hôtes lucratif et un atelier de réparation mécanique. Ces activités commerciales ne faisaient l’objet d’aucune déclaration fiscale. L’une des quatre compagnes du chef s’occupait de la gestion administrative. Les magistrats ont inculpé cette femme pour travail dissimulé (emploi non déclaré).
Des rapports officiels signalent de graves privations de nourriture. Plusieurs personnes présentaient une perte de poids sévère. Le parquet de Perpignan exigeait une incarcération immédiate. Toutefois, le magistrat a ordonné un simple contrôle judiciaire. « Les victimes, au-delà de le considérer comme un prédateur sexuel, souffrent surtout des effets de longue durée de l’emprise [contrôle psychologique coercitif] », a déclaré Me Petra Cramer lors d’une intervention officielle au tribunal de Perpignan le 15 mai 2026. Une partie des disciples a déjà fui vers le sud de l’Espagne, dans la zone de Cordoue (dans le sud de l’Espagne, à environ 450 km au sud-ouest de Barcelone), où la structure tente de se reconstruire.
L’alerte initiale provient des Pays-Bas, où des parents s’inquiétaient de la disparition de leurs proches. La gendarmerie nationale et la Miviludes (mission gouvernementale française contre les dérives sectaires) ont collaboré pour mener les investigations. Le public peut suivre l’évolution de ce dossier criminel sur le site officiel de Midi Libre.
