Il avait un plan. Il avait un sorcier. Il lui manquait juste un crâne humain. Mohd Amaan, 20 ans, a attendu que la famille d’un garçon décédé quitte le lieu de crémation, à Hapur (à environ 60 km à l’est de New Delhi), dans l’État indien d’Uttar Pradesh. Puis il a pris ce qu’il était venu chercher.
La police a arrêté Amaan, le sorcier Avdhesh Sharma, 75 ans, et un troisième complice mineur, le 5 mai 2026. Les charges : violation de lieu de sépulture et possession d’armes.
L’ENVOÛTEUR DE PILIBHIT
Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut d’abord comprendre ce qu’est un tantrik. Ce terme désigne, en Inde, un praticien autoproclamé de rituels occultes issus d’une ancienne tradition spirituelle hindoue et bouddhiste. Certains occupent un rôle légitime au sein de leur communauté. D’autres exploitent la détresse des gens vulnérables. Avdhesh Sharma, 75 ans, de la ville de Pilibhit en Uttar Pradesh, appartenait manifestement à la deuxième catégorie.
Amaan voulait une chose : le contrôle absolu sur sa petite amie et ses parents. Il a contacté Sharma, qui lui a proposé la solution : le vashikaran. Il s’agit d’un rituel d’envoûtement — le terme sanskrit désigne un ensemble de pratiques occultes dont le but est de soumettre la volonté d’une personne à celle d’un autre. On peut le comparer à de la magie de domination mentale. La pratique est répandue dans certaines régions de l’Asie du Sud. Des charlatans y ont recours pour soutirer de l’argent à des clients désespérés.
Sharma avait une exigence précise. Pour que le vashikaran fonctionne, il fallait un crâne humain prélevé directement sur un bûcher funéraire en flammes.
Dans la tradition hindoue, majoritaire en Inde, les défunts sont incinérés à ciel ouvert — souvent au bord d’une rivière — sur des bûchers auxquels assistent la famille et les proches. C’est un acte sacré. Ce n’est pas une ressource pour des rituels de magie noire.
SUR LE BÛCHER D’UN ENFANT
Un élève de secondaire était mort d’une maladie. Sa famille avait accompli les derniers rites. Puis elle était partie.
C’est là qu’Amaan est arrivé, à moto, avec Sharma et leur complice. Des témoins les ont vus s’approcher du bûcher encore chaud et s’emparer des os, selon le New Indian Express. Les personnes présentes ont tenté de les arrêter. Les trois suspects ont pris la fuite. La police les a identifiés grâce aux caméras de surveillance installées autour du lieu de crémation.
Amaan a transporté les restes au domicile de Sharma pour procéder au rituel.
L’ARRESTATION
L’affaire a éclaté dans le cadre d’une enquête policière distincte. Les forces de l’ordre ont fait une descente au repaire de Sharma. Ils y ont trouvé les restes volés, ainsi qu’environ 100 photographies de différents hommes et femmes.
« L’accusé a peut-être ciblé plusieurs personnes. Nous identifions celles qui apparaissent dans les photographies », selon le Circle Officer Varun Mishra — l’officier responsable du secteur de Hapur — lors de la conférence de presse du 5 mai 2026. La police soupçonne que Sharma opérait un réseau bien plus large, avec de multiples victimes ciblées par des rituels similaires.
Les trois individus ont été inculpés en vertu de l’article 301 de la Bharatiya Nyaya Sanhita — le code pénal indien entré en vigueur en 2024 — qui criminalise la profanation de lieux de sépulture, ainsi qu’en vertu de la loi sur les armes à feu.
Quant à l’envoûtement? Sa petite amie n’a pas eu de nouvelles de lui depuis.
Source : Times of India
